Publié par Lucas
le 16 octobre 2025 à 19h00
Nous avons échangé avec Cyril et Yann, les deux hosts du podcast UBBistes, notre nouveau partenaire, concernant l'actualité de l'Union Bordeaux-Bègles.
Quel est votre avis sur le début de saison en dent de scie de l’UBB ?
"Clairement, on est sur un début de saison en dents de scie. Heureusement, on parvient à assurer à domicile. Le point positif, c’est qu’on arrive en plus à décrocher deux bonus offensifs qu’on ne prenait pas forcément en début de saison l’année dernière. C’est un peu ce qui nous sauve, mais les contre-performances à l’extérieur restent préoccupantes. Que ce soit dans l’engagement ou dans la cohésion collective, il y a un vrai manque qui nous oblige ensuite à réagir à chaque retour à Chaban. Cette instabilité entretient une forme de tension permanente."
"Le gros avantage, si on voit le verre à moitié plein, c'est que nous avons droit à une revue d'effectif grandeur nature, ce qui accélère l'intégration des recrues et le développement des jeunes joueurs sollicités."
"Pour l’instant, il n'y a rien de dramatique, mais le bloc de trois matchs qui arrive va être extrêmement important."
L'impasse faite à Toulouse a fait réagir pas mal de supporters et observateurs, qu'en pensez-vous de votre côté ?
"On était un peu contraints de faire cette impasse — et je pense même qu’on n’est pas allés assez loin dans cette logique. Depuis le début de la saison, on compte énormément de blessés, une quinzaine environ, dont plusieurs joueurs clés. Résultat : certains cadres enchaînent beaucoup trop. Je pense notamment à Cyril Cazeaux, Boris Palu, Cameron Woki, Nicolas Depoortere qui tirent vraiment sur la corde et qui étaient encore là à Ernest Wallon."

"Ce week-end, nous avons au moins pu faire souffler Matthieu et Louis, mais il nous semble qu'il aurait été judicieux de faire aussi souffler les quatre autres cités à minima. En se privant de deux de nos meilleurs joueurs sur ce début de saison, le match était de toute façon très compromis. Nous n'avons pas bien compris le choix de faire rentrer Nicolas et Maxime à la mi-temps alors que le score était déjà fleuve, même s'ils ont aidé l'équipe à relever la tête."
"À mon sens, on aurait dû profiter de ce match pour reposer l’ensemble de ces cadres et ensuite aligner une équipe type sur le bloc des trois matchs à venir. Certes, à certains postes, on n’a pas vraiment le choix et il faut faire enchaîner les joueurs, mais à d’autres, on aurait pu se le permettre. Donc pour moi, c’était un faux-débat : on ne pouvait pas aborder ce match autrement que par une impasse, sans risquer de compromettre la suite de la saison."
Certains estiment d'ailleurs que l’UBB ne possède pas un groupe élargi assez fort pour rivaliser avec le Stade Toulousain...
"Effectivement, on n’a pas le même groupe que le Stade Toulousain. Mais, honnêtement, personne dans le Top 14 ne dispose d’un effectif aussi dense que le leur. C’est un club historique, construit depuis plus d’un siècle, avec un centre de formation exceptionnel. Ils ont su faire émerger des talents devenus internationaux — des joueurs comme Cyril Baille, Romain Ntamack, Mauvaka, Marchand… Résultat : un groupe extrêmement profond, renforcé par une gestion intelligente du salary cap qui leur permet d’attirer des joueurs non JIFF de très haut niveau, comme Mallia, Willis ou Chocobares. Tout cela leur offre un effectif d’une quarantaine de joueurs capables de performer toute l’année, même pendant les doublons."

"De notre côté, on essaie de tendre vers ce modèle. On investit beaucoup dans la formation et la post-formation, en misant sur les jeunes talents. Les résultats commencent à se voir : la victoire de nos Espoirs en championnat la saison dernière n’est pas anodine, elle montre qu’on avance dans la bonne direction.
"Côté équipe première, on cherche à compléter l’effectif avec des joueurs capables d’apporter leur pierre à l’édifice. Mais forcément, tout cela prend du temps… et cela a un coût. La bascule se fera progressivement, soit parce que certains de nos jeunes deviendront des cadres apportant des crédits salary cap — comme Gazzotti, Depoortere, ou peut-être plus tard des Mousques, Echegaray voire Ibsaiene — soit parce qu’une évolution de la réglementation rééquilibrera naturellement les choses avec des clubs comme Toulouse."
"En tout cas, il faut s’inspirer de leur modèle : le Stade Toulousain est un exemple de constance et de construction durable. Sur la longueur d’un championnat, il est difficile de rivaliser avec eux. Mais sur des phases finales, sur des matchs à enjeu, on a un groupe de 23 à 30 joueurs de très haut niveau capables de rivaliser avec les meilleurs."
Revenons à l'UBB, le club semble n'a pas le droit à l’erreur samedi à Perpignan, comment sentez-vous le match ?
"Forcément, ce sera un match extrêmement tendu. On a deux équipes en difficulté : Perpignan, d’un côté, qui vit un début de saison compliqué, avec de nombreux blessés, zéro point au compteur et un staff partiellement remercié — un vrai contexte de mini-crise. Heureusement pour eux, Montauban ne s’envole pas et n’a que trois points d’avance. Si cela avait été Vannes, l’écart serait sans doute déjà beaucoup plus important, et la situation à Perpignan bien plus critique."
"De notre côté, on a également du mal à s’exporter. Depuis le début de la saison, on n’a pris aucun point à l’extérieur et nos prestations hors de nos bases ont été décevantes. Tout cela annonce un affrontement sous haute tension. L’équipe qui saura le mieux gérer ses émotions fera la différence. J’espère que les retours que l’on enregistre dans notre effectif, notamment Adam Coleman, vont nous aider à faire pencher la balance de notre côté. Il faudra surtout parvenir à contenir la furia catalane : avec un public aussi bouillant, la pression peut très vite s’inverser."

"Si on parvient à rester dans le match jusqu’au money time, il n’est pas impossible que Perpignan perde ses repères. Ce sera un match d’une grande intensité, très stratégique, où nos cadres devront répondre présents pour espérer l’emporter."
Merci à la team UBBistes !